134 Rappelons cependant que sa polysémie lui permet de s’appliquer à d’autres réalités, comme dans ce portrait d’Andromaque qui prend le risque d’employer deux fois « bloi » dans le même vers avec des sens différents : « Andromacha fu bele et gente, / E plus blanche que n’est flors d’ente / Blois fu ses chiés e bloi si oill » (LeRoman de Troie, v. 5519-5521). Cependant, le critère discriminant reste surtout d’ordre sociologique ; l’aspect physique n’est jamais que le reflet de la place occupée dans la société féodale : 184L’aspect physique se révèle donc étroitement lié à la naissance218. Comme l’indique le préfixe, il ne peut s’agir de la mise ordinaire des cheveux, à tel point que ce type de coiffure décoiffée ne peut relever que de circonstances particulières, exceptionnelles, laissant voir la chevelure apparemment dépourvue d’artifice318 et, pourrait-on avancer, à l’état sauvage. L’idée de cacher les cheveux nous est venue d’Orient, et a passé de la religion juive dans la morale chrétienne, dès les premiers siècles »340. 302 « What does it mean to say that Lancelot has the mouth, neck and hands of a lady, while also asserting that he has the hips and stance, the chest and shoulders of the perfect knight? 328 Voir p. 66. 317Avec ses acceptions variées, l’adjectif eschevele connaît une évolution remarquable. Fort courant pour évoquer la blancheur de la carnation d’une demoiselle249, ce rapprochement est plutôt rare quand il s’agit de chevelure vieillissante : Desouz cele fontainne avoit.ii. 240 Voir l’article de Geneviève Dumas, « Le soin des cheveux et des poils : quelques pratiques cosmétiques (xiie-xvie siècles) dans La Chevelure dans la littérature et l’art du Moyen Age, p. 129-141. Cette similitude avec les ermites masculins est patente dans la description de sa dépouille puisque ses cheveux font alors office de linceul259 : Elle avait les mains croisées sur la poitrine, La Vie de sainte Marie l’Égyptienne, version T, v. 1297-1298. On emploie ainsi depuis le début du XXe siècle « nickel » comme adjectif dans certaines expressions pour désigner quelque chose d’une propreté irréprochable, et par extension montrer que quelque chose est parfait. 220 « Et ses cuers li dit et devine / Que ce estoit cele reïne / Dom il avoit oï parler. Alexandre Micha, Paris-Genève, Droz, 1978, t. i et ii, 1979, t. iii et t. iv, 1980, t. v, t. vi et t. vii, 1982, t. viii, 1983, t. ix. Philippe Walter, Paris, Gallimard, La Pléiade, 1994, p. 171-336. 281 Voir les vers 2845-2868 pour Floire et les vers 2871-2912 pour Blancheflore. Dans cette acception, eschevelee devient synonyme de desliee et il nous paraît pertinent de lier dorénavant l’étude des deux adjectifs, aussi bien pour éviter les répétitions que pour confronter leurs spécificités. Les adjectifs qualificatifs Grammaire Française. 50 adjectifs pour décrire « chevelure » ... Contrairement à leur peu de goût pour la chevelure plate et longue de l' Européen, ils apprécient beaucoup la barbe noire, longue et droite, et, … On peut alors exceptionnellement entrevoir des personnages escheveles. « Ainsi, alors que les ermites hommes progressent presque uniformément vers une beauté candide, les femmes converties, même si leurs cheveux blanchissent, perdent, sur le chemin de la perfection, leur beauté ‘terrienne’, qui aurait fait obstacle au salut de leur âme »256. Il offre une synthèse de l’ensemble de la scène de deuil. 366 C’est-à-dire non accompagnée de ce que nous appelerions aujourd’hui un chaperon. Alfons Hilka, Göttingen, Max Niemeyer, 1932. Ainsi, dans Le Livre de Caradoc, la mère reproche-t-elle hypocritement à son fils d’être entré à l’improviste dans sa chambre et de l’avoir découverte eschevelee : Car je ne vous avais pas vu depuis longtemps ; Vous m’avez trouvée toute échevelée. La construction argumentative est claire : c’est sa chevelure qui rend la reine reconnaissable. 120 Graphie conservée en occitan : « E-us cabels que son lonc e saur, / Que per ma fe sembleron d’aur, » (Peire Guillem de Tolosa, Lai on cobra dans Nouvelles courtoises occitanes et françaises, éd. On opposera ainsi, presque terme à terme, cette déclaration un rien orgueilleuse à la plainte d’une blonde : « Je suis belle et blonde, se n’ai point d’amin. » (chansonnier C, pièce xxxii). Emmanuèle Baumgartner, Paris, Gallimard, 2000, v. 140-141). 250 Espectivement Lancelot en prose, t. v, xcill, 33, p. 139 et Lancelot en prose, t. v, xcvill, 41, p. 268. une dame très noblement parée depuis le palefroi jusqu’aux autres atours ; elle était vêtue de soie vermeille, la tunique et le manteau en fourrure d’hermine ; elle avançait tête nue et était d’une merveilleuse beauté. Jan 31, 2018 - Explore Namrata Ganatra's board "adjectifs pour l'endroit" on Pinterest. qe ele avoit bele et blonde et trecie(e). [...] et dist en elle mesmes que oncques n’avoit veu plus beau chevallier, Il avait les traits réguliers, une belle carnation qui mêlait le blanc et le brun, un air hardi et une chevelure noire. 295On imaginera en conséquence un espace public presque dépourvu de cheveux féminins, cachés qu’ils étaient sous la guimpe et le voile. 13En effet, quand on sait que crins désigne aussi au Moyen Âge le poil long et rude des animaux (sens analogique créé à basse époque) et concurrence de ce fait soies, tentante est l’hypothèse qui confinerait les emplois de crins aux chevelures crépues ou échevelées. CHEVELURE (s. f.) [cheu-ve-lu-r' ; voyez à CHEVELU, la remarque sur la prononciation ; Richelet écrit chévelure]. Richard Trachsler, Genève, Droz, 1994, 2 t. 158 Jean Frappier, Étude sur Yvain ou le Chevalier au Lion de Chrétien de Troyes, Paris, Société d’édition d’enseignement supérieur, 1969, p. 163. 290 Voir La Bataille Loquifer (v. 3867), Durmart le Galois, (v. 110), La Seconde Continuation (v. 29365), Le Roman de la Rose (v. 808) et Galeran de Bretagne (v. 1188-1190). / Flaterie si s’en derrive, / Qui de nul bien n’a fons ne rive./ De Fauvel descent Flaterie, / Qui du monde a la seignorie, / Et puis en descent Avarice, / Qui de torchier Fauvel n’est nice, / Vilanie et Variété, / Et puis Envie et Lascheté. Pucelles ou bêtes amassées en troppeaulx, le texte se garde bien de lever l’ambiguïté. 219 Le seul cas de chevelure blanche chez un enfant est celui déjà évoqué de Floriant à sept ans. De plus, on n’en trouve des occurrences que sous la plume de Jean Renart qui utilise très régulièrement cet adjectif lorsqu’il décrit la chevelure de ses personnages : Elles ont les cheveux ambrés et ondulés. 300 Lancelot en prose, t. vii, ixa, 3 et 4, p. 71-72. Arthur Langfors, Paris, Firmin Didot, 1914-1919. Leçon "Les adjectifs qualificatifs" Pour décrire le physique d’une personne vous pouvez indiquer : Le genre . La valeur originelle du verbe (priver de ses cheveux) a été évincée par le sens de mettre la chevelure de quelqu’un en désordre316, valeur également assumée par le verbe decheveler (décoiffer) qui peine à s’implanter en raison de sa synonymie avec escheveler. 326 The Romance of Hunbaut : an arthurian poem of the thirteenth century, éd. Mari jaloux qui veut éprouver sa femme, v. 326-327153. 2. L'épithète la plus simple et la plus fréquente est l'adjectif δῖος / dîos, « divin » (le divin Hector par exemple), applicable sans distinction à tous les héros épiques. Les synonymes sont d'autres mots qui veulent dire la même chose. Il avoit une grande hure plus noire q’une carbouclee, et avoit plus de planne paume entre deus ex, et avoit unes grandes joes et un grandisme nés plat et unes grans narines lees et unes grosses levres plus rouges d’une carbounee et uns grans dens gaunes et lais ; et estoit cauciés d’uns housiax et d’uns sollers de buef fretés de tille dusque deseure le genol, et estoit afulés d’une cape a deus envers, si estoit apoiiés sor une grande maçue. Farce nouvelle d’ung savetier nommé Calbain, p. 143151. (Le voile et la bannière, L’avant-garde féministe au Pakistan, Paris, CNRS éditions, 2003, p. 53). Et quant les femes le rechurent se n’i ot cele qui eûst molt grant paour pour ce qu’il le virent plus pelu et plus grant poil avoir qu’eles n’avoient onques veû a nul enfant avoir. Perceforest, 2e partie, 10, p. 6, l. 17-21. La calvitie punira donc, selon le prophète, la femme dépravée ayant eu recours à la frisure artificielle. cit., p. 180 et fig. Que la fleur de lys ou la neige sur la branche. À la cour, de riches barons n’hésitent pas à en porter : Ils ont le corps gracieux et le visage fier. 13 mai 2020 - Découvrez le tableau "Liste adjectif" de France sur Pinterest. 72 Voir le portrait de Charles dans Girart de Roussillon : « Tot ai flori le peil e blanc con nei. » (La Chanson de Girart de Roussillon, éd. René Lavaud et René Nelli, Paris, Desclée de Brouwer, 1960, v. 1583). 273L’usage voulait que la femme respectable lie sa guimpe319 – fichu en toile légère qui couvre la tête, passe sous le menton et encadre le visage – de manière à masquer la chevelure et même parfois le bas du visage320. Et je peux bien vous affirmer qu’elle ne dépassait pas de plus d’un pied l’arçon de la selle car elle avait les pieds et les jambes si ccourts et si tordus qu’elle ne pouvait les maintenir dans les étriers. Il faut ajouter que le seul adversaire digne de s’opposer à Charlemagne, à savoir l’émir Baligant, est doté d’une même chevelure blanche signalant sa sagesse et sa maturité (v. 3161-3164). 150Autrement dit, on est en droit de se demander si les critères physiques du chevalier idéal ne se modifient pas au cours du Moyen Âge. William Roach & Robert H. Ivy, Philadelphie, American Philosophical Society, vol. La Vie de sainte Marie l’Égyptienne, version T, v. 1377-1378. Mais il n’avait pas une beauté de femme ; 254Le risque est même si grand de féminiser le portrait que la langue, en un lapsus révélateur, dévoile l’implicite du discours lors de l’entrée triomphale du héros entouré de cent pages : Ilz estoient merveilleusement beaux et blondes, et bien en point, mais sur tous estoit le roy le plus beau et le plus parfaict, car bel et grant homme estoit. ... Châtain - une chevelure. 242En revanche, et c’est là le point commun entre ces deux adjectifs, tous deux s’appliquent communément à des personnages masculins, ce qui tend à prouver que toute frisure – serrée ou non – de la coiffure masculine correspondait à un canon esthétique : C’était un chevalier incroyablement beau : Il était blond et frisé, à ce qu’il me semble ; La Continuation de Perceval, v. 6588-6589277. Qu’un cheval sans crinière et sans poils ; Ils sont laids dès qu’une plume leur manque ; Qu’un homme sans barbe ; il me sied bien. En les dotant d’une chevelure blanchissante, Chrétien accorde aux figures paternelles une aura de respectabilité et d’expérience234. Son regard était incroyablement cruel, et pourtant il était de nature rieuse. 268Au même titre que le cyclope anthropophage, le paysan rencontré par Calogrenant fait figure d’autre, de barbare, à tel point que, pour aider l’auditeur à se le représenter, le poète multiplie les comparaisons animales314. Peut-on finalement imaginer que cet adjectif signifie pour la chevelure la libération du carcan quotidien ? Or, ce phénomène ne se vérifie pas systématiquement dans les textes des xive et xve siècles même s’il est vrai que le mot teste (sans connotation négative) finit par s’imposer au xvie siècle. Le recours à une étymologie fantaisiste faus/vel) et au principe de l’acrostiche concourant à faire de Fauvel la personnification de la Flatterie, de l’Avarice, de la Vilennie, de la Variété, de l’Envie et de la Lâcheté confortent l’idée que cette couleur orangée est l’emblème de tous les abaissements210. D’autre part, Camille Enlart remarque, au sujet des traités de Tertullien De virginibus velandis et De Habitu muliebri que, dans l’édition de Froben, Bâle, 1562, le commentateur Beatus Rhenanus n’hésite pas à comparer les cheveux blonds et roux, surtout artificiels, aux flammes de l’enfer qu’ils symbolisent pour lui. » (Manuel d’archéologie française depuis les temps mérovingiens jusqu’à la Renaissance, Paris, Auguste Picard, 1916, t. iii : Le Costume, p. 179 n. 1). Extase! 269Il apparaît avec évidence que les canons médiévaux intègrent l’ondulation des cheveux comme un surcroît de beauté, probablement davantage chez les personnages masculins que féminins, ce qui s’expliquerait par l’impossibilité matérielle de cumuler frisure et longueur extrême de la chevelure. La nudité des cheveux et des pieds invite alors à la sensualité partagée ; elle fonctionne comme un indice de la réciprocité du désir, correctement interprété par le chevalier. Les critères sont-ils identiques pour les hommes et les femmes ? – Dame, fait Bielengiers, çou ne puis jou refusser, et se jou seusse vo pensé, ne vous refusaisse jou pas por nule riens, car assés estes biele et cointe, combien ke vous soiiés un poi kenue. Maurice Roy, t. ii, Paris, Firmin Didot, SATF, 1891, v. 1094). La laideur s’apparente dès lors à l’horreur que provoque la rencontre de l’inconnu, de la différence, de l’altérité. L’adjectif chenue tend donc à remplacer, plutôt avantageusement, la mention de la vieillesse227. Et por voir vos puis je bien dire que il n’en paroit sor l’arçon plus de plain pié, et avoit les piés et les jambes si croçues qu’ele ne les pooit tenir es estriers. Le terme s’est en effet dès l’origine chargé d’une connotation positive de bonification due au temps222. Anne Iker-Gittleman, Paris, Champion, t. i, 1996, t. 2, 1996, t. 3, 1997, v. 17797), « puis vesqui tant qu’ill ot le poil flori » (Raoul de Cambrai, v. 28 [Taillefer, père de Raoul de Cambrai]), « Tant es vielz e floriz que terre flaire. » (Girart de Roussillon, dxvi, v. 7398). 156 Chansons des trouvères, p. 146. – Ma dame, répond Belangier, je ne peux pas vous refuser cela, et si j’avais connu vos pensées, je ne vous l’aurais refusé à aucun prix car vous êtes très belle et élégante, malgré vos cheveux blancs. See more ideas about french classroom, french vocabulary, french grammar. La demoiselle était d’une grande beauté ; elle se présenta en superbe toilette devant le roi : elle portait une tunique et un manteau coupés dans un très luxueux drap de soie et était tressée d’une épaisse et longue tresse, brillante et claire. 234 Voir aussi le vavasseur, père d’Énide : « Biax hom estoit, chenuz et blans, » (v. 377) ou le Roi Lac, père d’Érec : « De son pere le viel chenu » (Érec etÉnide, v. 6518). 114Issu du latin galbinus, dérivé de galbus désignant la couleur jaune – vert pâle, jaulne est peu prisé dans la langue médiévale pour qualifier la chevelure. Les grosses tresses noires de la messagère constituent déjà un mauvais augure quant à la nouvelle qu’elle apporte : Les termes du livre qui rapporte ces faits. Il en va tout autrement pour Merlin, recouvert à sa naissance d’un épais duvet qui répugne à sa mère aussi bien qu’aux servantes : Ensi fu nés cil. Ces adjectifs à haute valeur ajoutée suffisent à prouver le crédit accordé au Moyen Âge à la parole et aux pensées de la personne âgée, et plus particulièrement à l’homme. C’est le cas du verbe cerceler, souvent préfixé en recerceler, dérivé du latin circus, qui traduit la formation de petits cercles270 et signifie que les cheveux retombent en boucles, en anglaises, comme dans les deux exemples précédemment cités271. 21 Respectivement 26 %, 23 % et 17 % des occurrences concernées. Conditions générales d'utilisation Ainsi, les substantifs crins et crine s’appliquent majoritairement aux chevelures féminines tandis que l’ondulation exprimée par les adjectifs cercelé, recercelé, cresp et crespé concerne prioritairement les coiffures masculines. Autrement dit, sont qualifiées d’eschevelees des femmes à la chevelure soignée mais libre sur le dos ou à la chevelure désordonnée ou encore à la tête nue. 309La messagère de la fausse Guenièvre venue à la cour d’Arthur pour accuser la reine ne ménage pas ses efforts pour subjuguer les courtisans. Et les pelisses qu’elles portaient dessous. 35 Dans 39 % de ses emplois, la crine est qualifiée de bloie et dans 25 % de blonde. Il demande cependant à être accolé à un substantif afin d’éviter toute équivoque quant à l’attribut ainsi qualifié : habit, peau ou chevelure. Cette teinte entre le rouge et l’ocre évoque invariablement à l’époque médiévale les flammes de l’enfer191 : si les diables ont le poil sombre, les damnés ont le poil roussi par le feu infernal. Jaufré présente un portrait intéressant de nain cumulant les disgrâces physiques, y compris l’aplatissement des cheveux310. « Blonde » grâce à ses connotations avantageuses, convoque et réunit en un seul mot différents aspects de la beauté capillaire. « La réunion de la touaille et du couvrechef encadre complètement le visage et l’on pouvait aussi faire cet encadrement d’une seule pièce, c’est ce qu’on nomme la guimpe ou guimple. Fr., 1995, v. 1058), « Les cheveus avoit blois e sors, » (Benoît de Sainte-Maure, Le Roman de Troie, éd. 61 Voir le portrait de l’ermite Darnadon dans Perceforest : « il le recongneu a sa cheveleure qui couvroit tout son corps, qui estoit blanche comme noix. » (Perceforest, quatrième partie, éd. Le brun de l’âge adulte ayant recouvert le blond innocent de l’enfance, la chevelure porte la trace évidente de sa condition de pécheur et fait de lui un héros accessible partageant le sort commun. 345 Lire à ce propos le chant Virgines caste à la gloire des jeunes vierges se dévouant à leur divin époux dans Poésie lyrique latine du Moyen Age, édition de Pascale Bourgain, Paris, Librairie Générale Française, Le Livre de Poche, 2000, p. 50-61. 217Si, dans le Lancelot en prose, la beauté de l’ermite est donnée comme absolue notamment grâce à la précision spatiale del monde, elle est en revanche dans le Perlesvaus rapportée à l’âge du personnage. 299La mention de la blondeur, de la longueur ou de la brillance des cheveux est évincée au profit de ce simple adjectif qui paraît synthétiser toutes ces qualités. Sans doute doit-on y voir la trace aristocratique d’un mépris pour le travail assorti d’une célébration de l’oisiveté féminine, signe du statut nobiliaire. Aux femmes les longs cheveux souples, aux hommes les têtes bouclées. Pour les deux portraits cités, se référerer aux p. 218 et 220 de son ouvrage. E. C. Armstrong et al., trad. Selon lui, la chevelure aurait été donnée à la femme en guise de vêtements. C’est ce que nous allons préciser par l’étude d’un autre adjectif relatif à l’ondulation. La couleur immaculée suggère donc ici l’accession de la sainte au rang des femmes vénérables ; ainsi métamorphosée, elle se rapproche des ermites qui peuplent la littérature médiévale et dont on vante la longue chevelure blanche. Cette caractéristique physique est toutefois davantage représentée chez les hommes que chez les femmes et plus particulièrement chez l’ermite, souvent qualifié de prodome. 182 L’Évolution du roman arthurien en prose vers la fin du Moyen Age d’après le manuscrit 112 du fonds français de la Bibliothèque Nationale, Paris, Nizet, 1959, p. 217. Consignes pour cette évaluation : Accorde les adjectifs entre parenthèses. 146On pense aussi à la monstrueuse rencontre que fait Aucassin : Tote une viés voie herbeuse cevaucoit, s’esgarda devant lui en mi le voie, si vit un vallet tel con je vos dirai. 236Comme on vient de le voir, des termes exprimant l’ondulation des cheveux viennent parfois comme compléments descriptifs. Toujours est-il que cette rousseur, que Wace signale en évoquant une séance d’exorcisme, associe le personnage au surnaturel. Cet adjectif s’emploie comme succulent pour dire qu’un repas est délicieux. Précisons que l’expression peut se simplifier en se réduisant à l’adjectif meslé236 comme dans cette évocation des méfaits successifs de la vieillesse sur Narcisse : 203Cet extrait présente l’intérêt rare et singulier de souligner la perte de la beauté inhérente au blanchiment de la chevelure. Seuls l’habit et la coiffure distinguent le masculin du féminin309. Son visage s’affaisse, il change de couleur. Toujours est-il qu’il désigne en ancien français une natte de cheveux portée aussi bien par les femmes que par les hommes : 66La violence qui se fait jour dans ce dernier exemple n’est pas inhabituelle : dans 38 % des occurrences de treces relatives à la chevelure féminine, le substantif est en effet intégré dans une expression telle que pendre / tirer par les treces ou couper / trancher les tresses qui décrit la brutalité masculine exercée à l’encontre de la chevelure féminine84. 2e partie, t. ii, 440, p. 233-234, l. 20-21. 135il n’en reste pas moins que ce brun clair – brun tout de même – signale peut-être une âme entachée dont la faute secrète rejaillirait sur la physionomie. Le sens de l’adjectif hericiez est même amplifié par la présence de l’adverbe touz ou par la coordination avec maupigné qui met l’accent sur le manque d’hygiène et de soin. C’est alors qu’apparaît la richesse de la comparaison avec la neige, phénomène simple et naturel, à l’image de la vie de ces sages. Merveilleuse, la vieille femme dont voici le portrait l’est à plusieurs titres ; sa laideur extraordinaire parvient à faire oublier l’amour, et sa physionomie, qui tient plus de l’animal que de l’humain, fascine autant qu’elle terrifie : Un visage d’ours, la langue inconvenante. Un des manuscrits d’Amadas et Ydoine propose en effet auburnes comme synonyme de blunz, de bloi et de sor dans une comparaison avec l’or qui renverse la hiérarchie des couleurs habituellement observée : Ils ne sont ni auburn, ni blonds, ni ambrés. Si, dans le monde musulman, c’est l’invisibilité du corps féminin qui délimite la frontière entre l’intérieur et l’extérieur, l’intime et le public, dans le monde chrétien médiéval, c’est l’invisibilité de la chevelure – emblème du corps – qui remplit ce rôle. Voilà pourquoi, dans un contexte solennel, ce nom supplante inévitablement teste : 26Cette connotation explique sans doute l’écrasante majorité d’emplois de chief accompagné d’adjectifs mélioratifs et, à plus forte raison, la relative rareté de ce terme pour désigner la tête des animaux. Quand la demoiselle entre en religion, elle est belle et louée à l’unanimité. 375 Marie-Claude Lutrand & Behdjat Yazdekhasti, op. Merveilleusement blonds, ils étaient d’une extraordinaire beauté, éclatants de vigueur, mais, de tous, c’était le roi qui était le plus beau, la perfection faite homme, car il était à la fois grand et beau. 257 On retrouve la même métamorphose dans la version V, avec la perte des tropes caractéristique de la mise en prose : « Ses blons cheveux furent tous blans et se alongierent, si que jusquez aux piés le couvrerent. » (l. 8-9, p. 45). 150 D’où le refus explicite de cette teinte qui manque de beauté : « Sire cumpain, ci en vient une, / mes el n’est pas falve ne brune ; / ceo’st la plus bele de cest mund, / de tutes celes ki i sunt. » (Lai de Lanval, dans Lais de Marie de France, éd. D’ailleurs, comment expliquer la subite rougeur qui colore leurs visages360 autrement que comme une soudaine prise de conscience de la sensualité de leur apparence ? 34 Voir l’évocation de la laideur de Caradoc : « Qu’ainz por la noirté de son vis, / Por sa barbe ne por sa crine, / Ne l’ot an vilté la meschine ; » (Première Continuation de Perceval (Continuation-Gauvain), texte du ms. L, éd. Et li dus voit la dame bele a grant mervelle » (Lancelot en prose, t. iii, xi, 4, p. 122). Blond et bloi se rejoignent alors par leur haute valorisation, signifiée par les adjectifs qui les accompagnent ou par les substantifs nobles qu’ils qualifient. ... une chevelure. Certaines associations étant impossibles, d’autres très fréquentes, se dessine alors un panorama des collocations3 substantif-adjectif qui pose les bases de l’étude stylistique. Ce qui distinguerait alors crespé du participe passé adjectivé recercelé serait alors la taille des boucles : très serrées et compactes dans le premier cas, plus amples dans le second. La jeune Énide, emmenée sur le cheval de son futur époux à la fête de l’épervier au cours de laquelle chaque chevalier défend la supérieure beauté de sa dame, se montre aux passants sans guimpe356 et sans manteau, comme le souligne d’emblée Chrétien : 301En effet, afin de forcer le lecteur-auditeur à s’imaginer l’incomparable beauté d’Énide, le poète, après avoir brossé un portrait élogieux de la fille du vavasseur et après avoir traduit la séduction qu’elle exerce sur Érec choisit de rapporter les propos enthousiastes des passants au sujet du jeune couple : 302Or, si Énide avait eu le corps recouvert d’un épais et large manteau et la tête voilée, une telle unanimité au sujet de ses charmes aurait été inconcevable, ou totalement invraisemblable357. Coma79 provient du grec komê désignant la chevelure puis, par métaphore, la comète qui apparaissait comme un astre chevelu80. Pascale Bourgain, Paris, Lib. Gustave Cohen, Cambridge, The Mediaeval Academy of America, 1949. 181, 182, 183 et 184 p. 181-183. [...] Et à partir du xiiie siècle, cette chevelure, souvent associée à une barbe de même couleur, devient dans la panoplie emblématique de Judas le premier et le plus récurrent de ses attributs. » (Michel Pastoureau, op. Cette construction n’est cependant pas la plus fréquente, y compris sous la plume de Chrétien233. ii, The First Continuation, Redaction of Mss E M Q U, manuscrit E, t. ii. 323Au fil de notre étude des termes relatifs à la blondeur, nous ne nous sommes volontairement pas attardés sur une figure de style très fréquente qui instaure une comparaison entre la couleur ou la brillance des cheveux et celles de l’or. La seule occurrence de notre corpus est tardive : il s’agit d’un texte de Villon dans lequel la Belle Heaumière, le front ridé, les cheveux griz, /Les sourciz cheux, lesyeulx estains, (Testament, LIV, v. 509-510238) se revoit jeune. Voir La Chevelure). Félix Lecoy, Paris, Champion, 1979, v. 695), Floire et Blancheflor (Robert d’Orbigny, Le Conte de Floire et Blanchefleur, éd. Guillaume de Machaut en fait un emploi très original en l’affublant, ainsi que crespe d’un diminutif censé exprimer la délicatesse et la mignardise des jeunes coquets : Étaient très élégants et très gracieux. si pareus / De vis ne de bouche ne d’ex. » (L’Escoufle, v. 1944-1946). Sarah Kay & William Kibler, Paris, Lib. cleres esmeraudes et voit son front bel et sa cheveleure crespe et sore dont li chevoux sambloient d’or et voit en lui tant de biauté qu’ele ne cuidoit pas qu’en paradis eust nul si bel ange. » (lxxvi, 2, p. 134). Voir la fig. A. J. Holden, Paris, Klincksieck, 1979, v. 2233). des plus biax homes seoir qu’il eust veû de son aage ; e estoit vestuz com hermites, e avoit la teste blanche e la barbe chanue, e tenoit sa main a sa messele. 365 François Garnier parvient aux mêmes conclusions en étudiant les images. Su cabello castaño caía pesadamente sobre sus hombros. 191Par ce simple mot, Sibylle est abruptement renvoyée à ses charmes fanés et à l’étio-lement de son pouvoir de séduction. / Quid infelicius ? Elle avait les cheveux frisés, ambrés et brillants. 361 Ces deux phrases reprennent les mots de Charles Méla au sujet de la reine dans La Reine et le Graal, La conjointure dans les romans du Graal de Chrétien de Troyes au Livre de Lancelot, Paris, Seuil, 1984, p. 57.